Informer, partager, témoigner pour ne jamais oublier.

Le judo sénégalais perd l’un de ses plus grands champions : disparition d’Ankiling Diabone

2bbb7dc2-1ed7-4271-96ec-89b164c4a3f1

Le sport sénégalais traverse une période de deuil. Le judo vient de perdre l’une de ses plus grandes figures : Ankiling Diabone. Ce champion emblématique s’est éteint le jeudi 20 novembre, à Ziguinchor, à l’âge de 70 ans. Il luttait contre la maladie depuis plusieurs mois.

Ankiling Diabone, originaire d’Oussouye, était un ancien maître d’éducation physique et sportive. Il rêvait de terminer sa maison à Sam-Sam pour y vivre une retraite paisible. Il espérait y accueillir chaque année ses enfants et petits-enfants vivant en Europe. Malheureusement, ce rêve ne se réalisera pas.

Sa disparition a profondément touché le monde du judo. Hortense Diédhiou, triple championne d’Afrique et l’une de ses élèves, a exprimé sa douleur. Elle explique qu’il n’était pas seulement un formateur. Pour elle, il représentait un père, un mentor et un modèle. Elle dit aussi que c’est lui qui lui a transmis sa détermination et sa rage de vaincre.

En août dernier, elle lui avait rendu visite. Elle en avait profité pour lui présenter Marie Aguène Diatta, qu’elle considère comme la relève du judo sénégalais. Selon elle, Ankiling Diabone était très heureux de cette rencontre. Elle comptait d’ailleurs sur sa présence à l’inauguration de son centre de judo prévue en décembre.

Le palmarès d’Ankiling Diabone est exceptionnel. Il a été champion du Sénégal à onze reprises. Entre 1982 et 1987, il a remporté cinq titres de champion d’Afrique, en individuel et en équipe. Ses adversaires le surnommaient « le sorcier », tandis qu’en Casamance, il portait le nom « Afambil », qui signifie « le déménageur ». Il a également participé à deux championnats du monde et à une Coupe du monde, en plus de nombreuses compétitions africaines et européennes.

En dehors des tatamis, il a contribué au développement du sport au Sénégal. À partir de 1985, il devient conseiller technique régional. Il cumule cette fonction avec l’enseignement puis avec la direction du stade Aline Sitoé Diatta de Ziguinchor. La même année, il fonde le Judo Club Casamance, avec lequel il remporte quatre titres de champion du Sénégal.

Avec son décès, le Sénégal perd un champion d’exception et un formateur qui a marqué plusieurs générations. L’héritage d’Ankiling Diabone restera gravé dans l’histoire du judo sénégalais.